1. Nom de l’initiative :

Réseau de mutualisation des recherches sur la vie sociale  (RMRVS)
Le RMRVS est une structure informelle née en 1999 qui depuis 2002 s’est mobilisée sur l’Analyse des Besoins Sociaux (ABS), mission obligatoire depuis 1995 pour chaque CCAS et CIAS

2. Structures mobilisées et associées au projet (les partenaires)

Le RMRVS associe des chercheurs sociologues à des acteurs de la vie sociale. Dans un premier temps, le département de l’Ille-et-Vilaine a été son territoire. Le groupe des sociologues relèvent de deux structures de recherche, l’un associatif, tourné vers le développement rural, le GERDAL, l’autre universitaire, le LARES, traitant plus particulièrement des politiques de la ville. Le groupe des acteurs de la vie sociale s’est composé de l’ADMR intervenant principalement dans l’aide à domicile en milieu rural et de l‘APRAS, à l’initiative des bailleurs sociaux rennais et de la CAF, pour le milieu urbain. Ce réseau a d’abord été coordonné par la CRES, acteur de l’économie sociale, puis de l’ARIC, assurant un rôle de conseil et de formation auprès des élus communaux. Après 2007 et à partir de quatre expérimentations, le RMRVS s’est ouvert aux élus et professionnels des CCAS, intégrés par pays.

3. Domaine

Si l’ABS touche tous les domaines de la vie sociale d’une collectivité territoriale, le RMRVS est un espace informel d’échanges et de réflexions entre sociologues et acteurs sociaux, associatifs et publics, pour répondre aux besoins sociaux en favorisant une démarche participative.

4. Objet

Le RMRVS a produit, à partir de quatre expérimentations, des enseignements pour conduire collectivement des ABS et améliorer leurs pratiques. Le territoire de la réflexion sur les ABS s’est étendu ensuite aux pays du département. Les expérimentations ont été conduites par un binôme sociologue praticien et ont permis d’affiner une méthode pour mettre en œuvre une démarche participative, puis de formaliser et diffuser ses résultats en fonction des nouveaux territoires investis et des nouveaux contributeurs.

5. Programme

Le RMRVS n’a pas de ressources propres, si ce n’est le lieu institutionnel d’appartenance de ses membres. En revanche, l’ABS a un financement spécifique qui permet de mobiliser des binômes, et de contribuer à l’enrichissement du collectif par les nouvelles contributions. Les formations et journées d’études développées par ses membres sont les outils privilégiés pour renouveler les contributeurs.

6. Pluralité d’acteurs

Dans l’analyse des besoins sociaux, sont mobilisés des élus, des professionnels, des responsables associatifs et des usagers. Le réseau met en relation des sociologues avec des élus, des professionnels  du social et des responsables associatifs.

7. Ingénierie et recherche-développement

Entre la réparation en matière de besoins sociaux et les attentes dans le domaine du vivre ensemble, ce Réseau a pour vocation de rendre visible l’invisible. L’ingénierie sociale développée va à contre-courant des démarches d’expertises en favorisant une construction commune entre acteurs et sociologues. Le rôle du sociologue expert est alors d’apporter un soutien méthodologique pour produire cette expression, d’abord auprès des élus, professionnels et responsables associatifs, puis des habitants usagers. En inscrivant son action dans un temps qui permet ces relations, l’économie de cette ingénierie réside dans une formation en continu aux changements et aux échelles où ceux-ci se manifestent.

8. Hybridation des savoirs

Le RMRVS est bâti sur le principe même d’hybridation des savoirs. Sa principale difficulté provient de la nécessité qu’il soit alimenté en continu, alors qu’il n’est qu’indirectement acteur des décisions liées à la mise en œuvre des ABS engagées par les collectivités territoriales. L’élargissement aux pays, avec élus et opérateurs communaux, a favorisé l’extension des analyses des besoins sociaux, sans pour autant mettre en place une démarche de culture commune. L’introduction d’un sociologue dans la mise en œuvre permet de donner un nouveau cadre à la mobilisation, de rendre visibles les préoccupations de certaines catégories de la population, et de tenir compte des données existantes. Ce ne sont que dans les retours d‘expériences au RMRVS, que cette hybridation peut s’exercer : aussi convient-il de savoir qui y est délégué, dans quelle articulation sociologues acteurs et pour quels objets.
De cette façon, les enseignements tirés par cette mutualisation informent des difficultés rencontrées pour établir une démarche participative et intégrer des populations confrontées aux questions soulevées. Ont-elles été au cœur des mutualisations proposées ? Comment ces expériences sollicitées sont-elles sources de réflexion, de formalisation et de proposition au niveau local? Si les savoirs expérientiels, d’action, et académiques sont mobilisés, en ce qui concerne sociologues et acteurs sociaux professionnels et associatifs, les compétences collectives créées restent soumises à l’implication des habitants usagers.

9. Caractère expérimental

Le réseau a disposé de quatre expériences d’ABS, à partir desquelles des modalités d’intervention ont pu être systématisées et proposées pour de futures opérations, notamment à travers un dispositif de formation repris par l’ARIC ou en lien avec le CNFPT. Au regard de ce dispositif, la prise en compte des logiques distinctes d’acteurs participants ont permis de créer une culture commune qui n’attend pas les solutions de la seule source statistique, mais des conditions de mobilisation dans une durée établie tant des acteurs que des habitants.

10. Caractère innovant

Une analyse des besoins sociaux amène les acteurs locaux à s’interroger sur leurs pratiques face aux évolutions qui traversent leur population. Les innovations de l’ABS sont qualifiées d’ordinaire, car elles mettent en évidence des attentes et des besoins sociaux. Elles ne sont plus ordinaires lorsqu’elles sont vues sous l‘angle de la complexité inhérente à l’expression directe par les habitants dans le cadre de cette procédure qui les a rendus visibles et lisibles.
En ce sens, l’existence d’un espace, le RMRVS, qui élabore des outils pour avancer dans cette expression directe et formalisation de ces besoins, avec la participation conjointe de chercheurs, d’acteurs professionnels et élus, et d’habitants usagers, est innovant.

11. Essaimage

Le RMRVS par ses opérations de diffusion, renforce les usages des ABS en les légitimant. Au niveau interne, quel autre nouvel objet, dans la poursuite de la réflexion engagée avec les ABS, est-il susceptible d’apporter une contribution à l’effort de mutualisation entre chercheurs et praticiens ?

12. Sources

– Fiche d’évaluation d’Oxymore (20 projets soutenus pat la DIIESES),
– V. Autissier (ARIC), C. Ruault (GERDA), « L’ABS, une opportunité de réflexion et ‘action concertée à ‘échelle locale : des enseignements tirés des expérimentations dans quatre communes d’Ille-et-Vilaine », Juin 2008
– C. Ruault (GERDA), « Concevoir et mettre en œuvre une ABS : synthèse et étapes de définition de définition d’une démarche opérationnelle », CNFPT Bretagne, ARIC, octobre 2009.